Bresson aborde le mensonge. Voilà donc le sujet qui correspond le mieux au cinéaste. Il entreprend depuis ses débuts au cinéma d’effacer le jeu, le style des acteurs, et encore plus la renommée ou célébrité de ceux-ci. Le réalisateur privilégie ainsi une dénotation dans l’incarnation de ses personnages. C’est partant de ce motif, duquel j’ai précité les membres, que le mensonge entre en adéquation avec sa grammaire. Dans le quotidien, mentir exige une maîtrise du jeu. Pour faire croire, il en faut des kilos de dramaturgie, pourtant, dans le cadre du film, ils s’exercent tous à l’atonie. Une voix paraissant dire la même chose tant les tonalités se ressemblent. Bresson a voulu mettre en exergue la beauté du « cinéma ». Ah, le mystifié « cinéma », il s’agit ici d’une impertinence. Bresson refusait le terme cinéma, de fait il utilisait l’expression « cinématographe ». Il y désignait ce qu’il reste au film après lui avoir enlevé le scénario. La substance qui fait le beau d’un film.
« L’Argent » s’exerce au style. Bresson se veut Queneau du cinéma. La narration s’avère appui de facilité, elle montre qu’on n’a pas besoin de dire l’humanité pour prétendre aux bêtises de transcendance par la diégèse. Comme on n’a pas besoin d’adjectif ni du verbe être pour critiqu