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Water Cluzet
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le 3 mai 2013
Paul (François Cluzet), a tout pour être heureux : il a racheté une auberge, s'est marié à une fille de rêve (Emmanuelle Béart) avec laquelle il a un bel enfant.
Mais Paul est jaloux. Maladivement jaloux.
Au point qu'il s'imagine des choses : s'il voit sa trop jolie femme avec un beau jeune homme, il va s'imaginer que ces deux là couchent ensemble. Au point qu'il en a des visions. Il voit la chose advenir.
Alors bientôt, cela prend une autre tournure : il n'arrive plus à faire la part des choses entre ses visions et la réalité. Tout ce qu'il voit, il l'interprète dans le sens d'une confirmation de ses doutes.
Alors sa femme vit un enfer. Elle doit justifier chacun de ses gestes, et elle n'est jamais crue. Au début, elle pense à un surmenage. Paul travaille beaucoup.
Mais Paul refuse de se voir comme un malade. Quand bien même il se montrerait détestable au point de faire fuir ses clients.
Petit à petit, le paradis devient un enfer.
En montrant les visions de Paul à l'écran, Chabrol nous fait partager le vertige. Le spectateur, lui aussi, verra la frontière entre visions et réalité s'amenuiser. Le procédé est d'autant plus glaçant qu'il est parfaitement crédible. Difficile de ne pas interpréter ce que l'on voit à l'aune de ses croyances. On voit tous le monde avec des oeillères. Certains plus que d'autres.
Est-ce donc vraiment une folie, si elle est si bien partagée? Dans Les lettres persanes, l'un des persans du titre s'étonne en disant en substance qu'à Paris on enferme ceux qu'on reconnaît comme fou derrière des murs pour faire croire que ceux qui sont à l'extérieur ne le sont pas.
Shakespeare nous donnait déjà, avec Othello, la preuve que cette jalousie outrancière qui devient folie n'est rien d'autre qu'un archétype.
Que d'autres histoires similaires voient le jour est, dès lors, une nécessité.
Il y a El, de Bunuel, aussi.
Cette histoire est éternelle.
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Créée
le 26 nov. 2025
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