Nouveau film sur des jeunes en vacances, comme on en a beaucoup... C'est l'été, les gens sont beaux, il fait chaud... Mais là, on a quelques particularités qui permettent à l’Épreuve du feu de se distinguer. Le film commence et le héros est déjà en couple, ce n'est pas tout à fait un film de drague au bord de la plage. Ici il est plus question de la découverte du pouvoir de séduction avec un ancien obèse qui se rend compte que les regards sur lui ont changé et qu'il plait. Il se retrouve avec une fille qui l'intimide, il n'a pas confiance en lui... La première partie du film est là-dessus, réussir à avoir la confiance en soi nécessaire pour être avec sa copine... On enchaine donc les scènes de malaise où le mec est juste ridicule... Disons qu'on y croit.
Et puis petit à petit on sent que le manque de confiance en soi entraîne quelque chose d'un peu plus sombre et c'est là que le film va devenir plus intéressant parce qu'il va explorer ce que le désir de reconnaissance et le désir de plaire peut réussir à faire faire. Voir ainsi ce jeune homme s'entêter à rester à tout prix avec des mecs qui clairement ne sont pas sympas avec lui, qui se moquent de sa copine, juste parce qu'il a l'impression de prendre une revanche sur sa condition d'ancien obèse apporte une dimension presque tragique au personnage. Il prend toutes les mauvaises décisions possibles, mais en même temps le film fait tout pour qu'on le comprenne... C'est un pauvre type.
Mais la limite du film est peut-être là, ok on lui joue un sale tour, mais il reste un peu responsable de ses choix. Il n'est pas obligé de foncer dès qu'on lui dit quelque chose, il a le droit de réfléchir un peu aussi... Lorsque le film se termine j'ai un peu l'impression que le personnage n'a pas compris que c'était aussi de sa faute (bon ça c'est pas grave), mais que le film non plus. C'est comme si le réalisateur voulait qu'on ait envie de faire un gros câlin au héros... alors qu'il s'est mis dans la merde quasiment tout seul.
De manière générale la fin est un peu attendue, trop écrite, on est clairement en terrain connu... La carte postale (pourquoi elle ne l'a pas envoyé ?), la course pour rattraper la fille... Bref... Je pense qu'il faut arrêter avec ces lieux communs, là le film essaye un peu de jouer avec, mais tout a déjà été fait, les images sont déjà vues mille fois par les spectateurs, ça fait très écrit et artificiel... Là où le reste du film arrivait à avoir une certaine liberté, notamment grâce à son personnage féminin qui détonne un peu.
Si on excepte donc le final, trop convenu, on a un bon film rempli de purs moments de malaise, où on voit à quel point les bourgeois sont méprisants... avec quelques scènes assez justes et touchantes.