Hugo, fraîchement transformé physiquement, ramène Queen — la première femme qui a accepté de sortir avec lui — passer l’été auprès de ses amis parisiens petits bourgeois. Conflits inévitables en vue. La promotion du film misait sur un affrontement entre classes sociales, et toute la sincérité de Queen, touchante et entière, semblait annoncer une charge contre l’entre-soi parisien. Mais cette critique promise retombe bien vite à plat.
Pour moi, le vrai sujet n’est pas la lutte des classes, mais la quête de maturité d’Hugo. Ancien marginal du groupe, il espère que son changement physique et sa nouvelle relation lui serviront de ticket d’entrée vers l’acceptation de cette bande qu’il admire — ou envie. Conscient ou non, il transforme Queen en faire-valoir social, alors qu’elle, de son côté, vit leur histoire avec authenticité. Hugo ne sait pas ce qu'il veut et manque de courage, c'est Queen qui en paie les frais.
Le film aurait pu creuser cette mécanique, pousser plus loin la critique sociale qu’il prétend amorcer. Au lieu de cela, tout se dégonfle dans un ton de farce, jusqu’au pari entre amis révélé à la fin. Les enjeux restent minuscules, comme si le scénario n’avait jamais réellement quitté la mentalité de la petite bourgeoisie qu’il prétend dénoncer.
Côté réalisation, aucun élan particulier : la mise en scène se contente du strict minimum, évoquant davantage un téléfilm calibré pour W9 qu’un objet de cinéma.
J’ai fini par m’amuser à imaginer cette histoire comme un épisode de Friends : la bande apprendrait que Chandler sort avec une esthéticienne et tente tout pour les séparer. Sauf qu’ici, c’est inversé, moins drôle… et pas plus dramatique. Pas d'épreuve, mais de farce.