7
3171 critiques
Opaque au balcon
Il fallait oser : alors que Visconti lui-même s’était cassé les dents sur l’adaptation du roman de Camus, Ozon affronte l’édifice culte, imposé à des générations entières par les profs de français...
le 29 oct. 2025
Voir le film
Depuis 2020, je souhaite lire l'étranger. Ce roman très cours d'Albert Camus, chef d'œuvre de la littérature du XXe siècle, dont l'incipit est plus célèbre que celui de la Bible, m'a depuis cinq ans résisté. Pourquoi me résiste-t-il ? Peut-être que derrière son allure romanesque, il y a une thèse de l’auteur à défendre, sur l’absurdité de l’existence. Aussi, me voyant face au sommet, je n’ai pas osé le gravir, moi qui cherche peut-être encore trop à me divertir en lisant.
Or, le film de François Ozon sortait hier. Ayant un exemplaire à portée de main, mardi, je me disais : “ allez tu n’as plus rien à lire d’urgent, reprend le, tu iras en salle quand tu l’auras fini.” Il m’est tombé des mains, il n’était pas encore l’heure. Je suis donc allé en salle le jour de la sortie.
Première surprise la salle était comble. Ça ne m’est pas arrivé depuis longtemps, mais je ne suis pas un habitué des séances de première donc je n’ai rien pour comparer. Passons. Deuxième surprise, le film est en noir est blanc. Je ne m’étais pas renseigné et pourtant, je suis séduit instantanément. Les premiers plans illustrant Alger, bien que le film étant tourné au Maroc, sont stupéfiants. Meursault interprété par Benjamin Vincent est magnifique, il ressemble certainement à l’idée que je m’étais faite de ce personnage dans les quelques pages que j’avais lu. Et puis la surprise laisse place à la tension.
Le début est lent, lourd est dérangeant, et l’on sent que quelque chose se joue dans cet enterrement de la mère. La suite monte crescendo, jusqu’à la scène avec le prêtre, magistrale, bouleversante encore par sa réalisation. Je demandais à mon amie qui m’accompagnait ce soir-là : “Est-ce une bonne adaptation ? ” Et elle me répondait les yeux embrumés: “à quelques détails près, c’est l'adaptation parfaite.”
Je ne parlerais pas en détail des thèmes, des personnages et du style, car je crois à présent qu’il me faut lire l’original. À ceux qui n’ont pas lu le livre, n’ayez crainte, foncez voir le film ; à ceux qui l’ont lu, une piqûre de rappel de ce chef d’œuvre ne vous fera pas de mal quitte à modifier l’image personnelle que vous aviez de Meursault et de Marie.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.
Créée
le 30 oct. 2025
Critique lue 33 fois
7
3171 critiques
Il fallait oser : alors que Visconti lui-même s’était cassé les dents sur l’adaptation du roman de Camus, Ozon affronte l’édifice culte, imposé à des générations entières par les profs de français...
le 29 oct. 2025
7
8120 critiques
C'est un truisme que d'affirmer qu'adapter Camus est plus difficile que de puiser dans Simenon, au hasard. C'est qu'il n'est pas question de trahir l'esprit de l'auteur de L'Étranger, tout en...
le 17 oct. 2025
7
757 critiques
La mer s’ouvre comme un silence ancien, et sur ce silence s’installe un regard qui n’explique rien mais qui sait tout. La lumière se fend, lente et tranchante, creuse la peau des visages et laisse...
le 29 oct. 2025
8
20 critiques
Daphné du Maurier a rendu la tragédie romantique accessible. Le thriller romantique donne à la noblesse anglaise une familiarité que l’on osait désirer. Phillip est un jeune héritier de...
le 25 oct. 2025
7
20 critiques
Je n’avais pas entendu parler de Laurent Gaudé avant que le film Chien 51 ne sorte au cinéma. Adapté par Cédric Jimenez, j’étais très tenté par ce film, car le réalisateur m’a déjà convaincu sur deux...
le 5 nov. 2025
10
20 critiques
Il me faut apprendre à critiquer les auteurs classiques. Une illégitimité maladive me conduit chaque jour à produire une réflexion seulement sur les ouvrages contemporains ou controversés. Que dire...
le 7 sept. 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème