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L’Étranger de François Ozon cherche en vain les mots d’Albert Camus, qui ne cessent de se dérober sous le flux marin d’un ballet en perpétuel mouvement, baigné d’une lumière si belle venant caresser...
Je regrette beaucoup de ne pas avoir lu le roman de Camus au préalable de ce visionnage. On sent qu’il se trame beaucoup de choses au sein du protagoniste, mais l’expression de marbre de Benjamin Voisin n’aide pas les spectateurs à déchiffrer quoi que ce soit. Là réside toute la difficulté d’une adaptation d’un roman en un film: externaliser l’intériorité d’un personnage. La solution facile est la voix off, mais Ozon préfère ici les long silences. On peut respecter cette discipline qui s’est imposé, et qu’il brise à la fin du film, lorsque le protagoniste commence enfin à exprimer de vraies émotions. Il y a un côté presque Robert Bresson dans les dialogues rares et robotiques qu’échangent les personnages, mais je trouve que cela va à l’encontre du film. En effet, Ozon nous rapproche beaucoup plus de ses personnages que Bresson, utilisant une esthétique sensorielle poussée afin de nous plonger dans leurs univers. Malheureusement, on a beaucoup de mal à se prêter au jeu car le protagoniste ne nous donne rien à manger. Je pense qu’une approche plus distanciée, plus froide et implacable, comme Bresson, aurait peut-être rendu justice à l’histoire de cet homme robot, sans émotions apparentes.
Créée
le 25 nov. 2025
Critique lue 11 fois
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