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le 17 mars 2026
SuivreLe soleil et le vide
L’Étranger de François Ozon cherche en vain les mots d’Albert Camus, qui ne cessent de se dérober sous le flux marin d’un ballet en perpétuel mouvement, baigné d’une lumière si belle venant caresser...
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Alger, 1938 : Meursault enterre sa mère sans la moindre émotion puis après cela, rencontre une jeune femme avec il va avoir une liaison, toujours là aussi en réprouvant ses sentiments. Il va être entrainé par son voisin, un proxénète, à faire des trafics louches jusqu'à ce qu'il va tuer quelqu'un, un Maghrébin. La sentence est irrémédiable...
Je n'ai pas lu le roman éponyme d'Albert Camus, un des plus connus en langue française de par le monde, et je pense que cette réputation en effrayait plus d'un, car seul existait le film de Luchino Visconti en 1967. Dans un noir et blanc sublime, François Ozon s'attaque à cette montagne avec je trouve tous les honneurs. D'abord par la qualité du casting, où Benjamin Voisin joue un personnage opaque jusqu'au bout, qui semble porter une grande tristesse en lui, dont on ne saura jamais vraiment si c'est en rapport au décès de sa mère ou non. François Ozon le filme comme Alain Delon dans Plein soleil, une sorte de beauté magnétique mais qui ne réfléchit rien au fond. Notons aussi la justesse de Rebecca Marder ainsi que celui, plus bref mais marquant, de Pierre Lottin. On retrouve aussi Denis Lavant ainsi que Swann Arlaud pour une dernière partie magnifique, celle dans la cellule de prison.
A travers cette histoire, on retrouve en fond le conflit franco-algérien, avec des archives au début du film sur le désir d'indépendance du pays ou ceux qui voulait que le pays reste français, et il faut dire que les uns n'ont guère de considération pour les autres, sans cesse appelé les arabes. Je reviens aussi sur la lumière de Manu Dacosse, ce noir et blanc presque aveuglant, qui nous parle presque de cette histoire comme d'un souvenir déjà passé, ou alors ce soleil qui tape très fort, mais en tout cas, c'est vraiment beau à voir.
François Ozon est un réalisateur passionnant dans le sens où il n'est jamais là où on l'attend, et L'étranger, roman réputé difficile à adapter, montre une fois de plus son talent iconoclaste, et personnellement, ça me donne envie de le lire.
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il y a 1 jour
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