En 1963, Anne, une étudiante prometteuse tombe enceinte. Elle décide d’avorter, prête à tout pour ne pas mettre en péril ses études (et son avenir). Sauf qu’elle se retrouve seule dans une course contre la montre… et contre la loi.
Audrey Diwan adapte ici le roman éponyme (et autobiographique) d'Annie Ernaux et nous replonge dans la France des sixties, à l’époque où l’avortement était interdit. Pour rappel (et sans devoir refaire tout l’historique), dans les années 40, l’avortement était passible de la peine mort (jusqu’à ce que la loi soit abrogée, au profit d’une peine de prison). Il faudra attendre le milieu des années 70 pour que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) soit autorisée grâce à la loi du 17 janvier 1975, dite loi "Veil".
La réalisatrice nous plonge ici dans le combat intime de cette jeune femme pour pouvoir disposer librement de son corps, dans une France qui ne tolère pas l’avortement et où elle ne pourra pas compter sur l’aide des médecins pour l’accompagner dans cette course contre la montre clandestine
(elle ne pourra compter que sur une "faiseuse d’anges" armée d’une aiguille à tricoter et qui pratique des avortements illégalement dans un appartement insalubre).
L'Événement (2021) est un magnifique plaidoyer pour la défense des femmes, qui met en lumière le rôle qu’ont joué les médecin anti-avortement (leurs trahisons) et vient nous rappeler à quel point cette liberté dont disposent les femmes date d’hier (la loi a été promulguée il y a seulement 50 ans). Côté interprétation, Anamaria Vartolomei (L'Empire - 2024) y est stupéfiante et incarne à la perfection cette adolescente en quête de liberté. Enfin, impossible de ne pas repenser à la palme d’or qu’était 4 mois, 3 semaines, 2 jours (2007) de Cristian Mungiu.
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