• Ce que j'aime le plus dans L'Impasse (1993), c'est la façon dont Brian De Palma nous présente d'emblée la fin, et c'est pour ça qu'il mérite un 8/10 sans hésiter. Pour moi, ce film est avant tout une élégie, un adieu stylisé à un monde, et non pas une simple histoire de gangsters.
  • ​Je me souviens très clairement de la première fois que j'ai vu la séquence d'ouverture : Carlito Brigante sur son brancard, le regard perdu, la voix off qui nous raconte la fin avant même que l'histoire ne commence. C'est une décision narrative audacieuse qui m'a immédiatement embarqué, car elle transforme le film en une tragédie grecque moderne où le destin est déjà scellé. Toute la narration n'est plus une question de ce qui va se passer, mais de comment cela va se passer.
  • ​Et ce "comment" est tout simplement sublime.
  • ​Ce qui m'a marqué, c'est l'alchimie des acteurs. Al Pacino livre ici une performance de retenue, bien loin de ses rôles plus exubérants. Je crois que Carlito est l'homme que Tony Montana aurait pu devenir s'il avait survécu : réfléchi, désireux de s'enfuir. J'ai ressenti sa fatigue, son espoir fragile de s'offrir les Bahamas avec Gail (Penelope Ann Miller), et la tension palpable de son combat contre son propre passé. Je me suis pris à espérer l'impossible pour lui.
  • La virtuosité de De Palma est à son zénith. Le style visuel est imprégné d'une mélancolie néon et d'une fluidité magnifique. J'adore la façon dont il filme les boîtes de nuit, véritables pièges dorés où Carlito se retrouve piégé. Bien sûr, la séquence finale dans le métro et à Grand Central Terminal est un morceau de bravoure technique. C'est le genre de scène d'action claire, précise et stressante que seul un maître comme De Palma peut réussir.

Conclusion

  • ​Si je reste à 8/10 et non 9 ou 10, c'est que la trajectoire de l'avocat Kleinfeld (un Sean Penn méconnaissable et génial) prend peut-être parfois trop de place, au risque d'éclipser légèrement le désir de pureté de Carlito. Mais c'est un point mineur. L'œuvre reste un thriller atmosphérique et puissant sur l'impossibilité d'échapper à qui l'on est.
DirtyVal
8
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le 15 nov. 2025

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DirtyVal

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6

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