Je suis quand même fier de faire partie de RYM, c'est le seul site de notation qui fait preuve d'un minimum d'exigence, de sens critique, de retenue et de libre arbitre (contrairement à, disons, l'autoproclamé SensCritique et Letterboxd) . Les médias essayent tellement de nous enfoncer dans la gorge que c'est l'un des plus grands péplums de tous les temps que ça en deviendrait presque suspect. Quelquefois on dirait qu'il suffit d'être blindé de thunes et de faire beaucoup de bruit pour impressionner le cinéphile moyen.
Personnellement, à part le budget astronomique alloué au film de Nolan , je ne vois pas énormément de différences avec Ulisse de Mario Camerini en termes d'impact et d'ampleur narratifs. L'Odyssée version 2026 dure 1 heure de plus que son aîné de 1954, mais c'est surtout 1 heure de longueurs nolanniennes constituée de champs-contrechamps et de dialogues peu inspirés qui n'apportent pas grand chose au moulin.
En résulte une œuvre qui manque cruellement de souffle épique, de fantaisie et de moments de bravoure. Peut-être que le but était d'aborder le poème sous un autre angle plus psychologisant, moins héroïque, mais c'est fastidieux quoi. Troie c'est pas le Vietnam, hein.
Techniquement, les scènes d'action et de drame sont mal gérées ; manque de lisibilité et de fluidité pour les combats et trop d'emphase pour les échanges verbaux. Concernant le jeu des acteurs, Matt Damon et Samantha Morton s'en sortent bien, Zendaya et Charlize Theron ont une présence ornementale, Lupita Nyong'o et Mia Goth n'ont pas grand chose à faire mais elles le font bien, Pattinson est passable, Tom Holland est transparent et Anne Hathaway joue comme une actrice de SOAP. Sinon, j'ai pas d'avis sur Sinon.
Dans l'ensemble, je n'ai pas aimé les changements apportés au texte d'Homère, je n'ai pas aimé non plus la représentation physique de Polyphème (dont le nom n'est même pas prononcé) et de Scylla. Côté points positifs, j'ai aimé le passage avec les sirènes et la fin métaphorique en forme de faux happy end.