Les chevilles de Christopher Nolan enflent de plus en plus et le voici qui s'est attaqué, après le Prométhée d'Oppenheimer, à un autre monument, la fameuse Odyssée d'Homère. Pourquoi pas ? Cela permettra peut-être aux nouvelles générations de faire plus ample connaissance avec ce mythe fondateur de notre culture occidentale car je ne suis pas certain que les éducateurs d'aujourd'hui les abreuvent de ce récit autant que nous en avons été nourri et gavé.
Donc c'est parti pour quelques morceaux de bravoure très attendus mais très réussis : le fameux cheval, les pourceaux de Circé, le cyclope, Charybde et Scylla, et bien sûr le pillage de Troie. Tout cela est bien mené mais n'a pas vraiment réussi à nous emporter : nous connaissons trop bien cette Histoire, ce périple d'Odysseus (en VO les anglo-saxons utilise le nom grec original et non pas notre Ulysse latinisé) , pour nous laisser prendre par ces figures trop convenues. Mais encore une fois, cela permettra peut-être aux ... etc.
La surprise du film vient d'ailleurs et plus précisément de la relecture du destin d'Odysseus par C. Nolan : il nous raconte une civilisation au fait de sa puissance, qui se lance dans une guerre illégitime sur la base de mensonges, qui vaincra par traîtrise et qui méprise les lois de l'hospitalité, la xenia, qui commandaient d'accueillir les étrangers. Tiens, tiens !
Les chants de l'Odyssée sont le chant du cygne de cette civilisation au bord de l'effondrement et qui craignait par-dessus tout le peuple venu de la mer pour détruire le monde. Alors qui sont-ils, ce fameux et redouté peuple de la mer ? La réponse de Nolan est très claire et pas très optimiste.