Ce 28 juillet 2026, il faisait chaud à Bordeaux et, vers 18 h, après deux jours de calme et de temps magnifique, l'odeur de la fumée est un peu revenue (ça n'a duré que deux heures, ça va). Je voulais donc aller au frais, au cinéma. Du coup, je suis resté jusqu'à la fin du film, même si la première heure est la pire (normalement, au bout de quinze ou vingt minutes, je serais déjà parti).
Or la première heure aurait pu être merveilleuse, car le temps est précisément le sujet de L'Odyssée de Homère, objectivé d'ailleurs par la tapisserie que tisse Pénélope (elle imagine même une ruse en déclarant aux prétendants qu'elle ne pourra se remarier avant d'avoir achevé cette tapisserie; mais elle ne l'achève jamais, puisqu'elle défait la nuit ce qu'elle a tissé le jour). Le jour et la nuit ! Le temps !! Tout y est. Un sujet en or pour le cinéma ! Or il n'y a rien, absolument rien, de tout cela.
D'accord, je ne fais certainement pas partie de ceux qui se trompent en croyant que Nolan est un cinéaste du temps. Je l'avais compris dès son horrible "Inception" : il ne fait que désarticuler les chronologies à travers un jeu formel, dépourvu de toute épaisseur temporelle. Au fond, tout ce qu'il sait faire, c'est narrer, narrer, narrer.
P.-S. : En le notant, je me rends compte que ce film « vaut » exactement autant que "Les roches rouges", le dernier Dumont, son voisin dans ma liste des films vus en 2027. Je pourrais même reprendre ce que j'avais déjà écrit à propos de ce dernier, en l'actualisant :
« Il n'y a que des images dans le dernier film de Nolan (rappelons-nous que Rohmer disait que le cinéma n'est pas seulement constitué d'images, mais avant tout de plans).
Pourquoi n'y a-t-il pas de plans ? Parce qu'il n'y a pas de personnages : ils sont dévorés par les images. Dès lors, ce cinéma devient idéaliste : un cinéma de fantasmes, sans véritable matière. Ce film n'existe pas »