Une excellente surprise que ce L'un des nôtres !
Je suis allé voir ce film pour ses deux têtes d’affiche – Kevin Costner et Diane Lane – et, franchement, bien m’en a pris : le film s’avère une réussite à bien des égards.
Je n’avais qu’une vague idée de son pitch avant d’y aller, et m’attendais pour tout dire à un thriller d’enlèvement lambda, mais le film est en fait d’abord un beau film sur un couple vieillissant (et moi j’adore les histoires de vieux couples). Kevin Costner et Diane Lane, de nouveau réunis ici en couple de fermiers, huit ans après Man of Steel, sont parfaits. Je n’étais pas fan de Costner plus jeune, mais je trouve que le bonhomme se bonifie vraiment avec l’âge. A maintenant soixante-six piges, il dégage ici un charisme impressionnant, à la fois impérial et émouvant. Même chose pour Diane Lane, absolument magnifique. Les deux sont ici charismatiques en diable et partagent en outre une formidable alchimie. Ils offrent au film une poignée de scènes réellement touchantes.
Au service d’un thriller par ailleurs de qualité.
Qui ne commence pourtant pas génialement, avec un prologue assez maladroit, enchaînant assez vite – et sans grand talent – les scènes et notamment une ellipse de manière pas forcément très limpide (je me suis même retrouvé à me demander s’il ne s’agissait pas plutôt d’un flash-back, c’est dire le niveau de clarté du truc), cela pendant grosso modo vingt minutes. Puis les enjeux scénaristiques et moraux commencent à se dessiner et enfin le film décolle. Et une fois embarqué dans la cavale de nos deux sexagénaires, je n’en suis plus sorti une seule seconde. Et surtout pas lors de la poignée de (longues) scènes avec les « méchants » du film – les fameux Weboy, en tête desquels les terrifiants Lesley Manville et Jeffrey Donovan –, toutes d’une redoutable efficacité et d’une tension insupportable. La grande réussite du film, elle est là.
Mentionnons aussi cet aspect western assez plaisant : le film se déroule en 1963 mais, à quelques détails (voitures) près, pourrait facilement se dérouler cent ans plus tôt et être un pur western. Le film en a en tout cas plus d’un aspect. Notons enfin une bande-son sympa de Michael Giacchino.
En sortant de la salle, je me suis demandé d’où sortait ce Thomas Bezucha – le réal du film – et ce qu’il avait bien pu mettre en scène avant ce Let Him Go (histoire que je rattrape un peu sa filmo) et je dois bien avouer avoir été assez surpris de constater que le mec n’avait avant celui-ci réalisé que trois films, le dernier remontant à déjà dix ans et n’étant rien d’autre qu’une comédie romantique avec Senela Gomez (Bienvenue à Monte-Carlo, pour les connaisseurs). Comme quoi… la rédemption existe.
Je déplorerais bien – histoire de chipoter un peu – un dénouement un peu décevant (pas aussi déchirant qu’il aurait dû l’être), une photo pas terrible et quelques effets un peu cheaps par-ci par-là ; mais globalement, c’est quand même un super film. Qui vaut pour sa distribution et sa maîtrise de la tension bien plus que pour sa beauté formelle, mais qu’importe. J’ai pris mon pied.
Je recommande donc.