Je ne suis pas un grand fan de western, je n'en ai vu que quelques uns qui ne m'ont pas emballé, malgré des qualités cinématographiques évidentes. Je me suis penché sur La Chevauchée des bannis car je n'ai jamais eu l'occasion de voir un "western de neige". L'ambiance proposée avait l'air totalement différente des autres productions, je me suis donc laissé tenter.
Au départ, j'avais quelques réserves concernant les décors. L'intrigue se déroule dans un petit village et ne semblait pas vouloir en sortir. Il y avait bien quelques plans bien cadrés sur une montagne, mais dans l'ensemble le réalisateur donnait l'impression de passer à côté du potentiel de son œuvre. Heureusement, ce n'est pas le cas. La deuxième partie prend place dans une forêt, donnant l'occasion à l'artiste de créer des visuels épatants. J'apprécie beaucoup l'organisation des arbres dans chaque image, elle permet de faire ressortir l'immense étendue des paysages (d'ailleurs, l'effet aurait peut-être été encore plus marqué avec de la couleur).
Il faut avouer que dans son ensemble le film est bien réalisé. Il suffit de voir la scène de danse pour s'en convaincre. Elle est composée de plusieurs plans très longs qui se focalisent sur des danseurs en train de virevolter autour de la caméra, en suivant un trajet circulaire. Lorsque qu'un couple s'arrête, un autre prend immédiatement le relai, ce qui donne à la séquence une véritable frénésie. André de Toth (que je ne connaissais pas du tout) est clairement quelqu'un qui sait manier une caméra.
Et ça m'ennuie beaucoup de constater que le reste est bancal. Au début de l'histoire, on introduit une rivalité entre les fermiers ainsi qu'une histoire d'amour interdite. Finalement, aucune des deux apportera quelque chose par la suite. Lorsque le film dévoile que le chef des bandits, qui empêche ses hommes de mettre le village à feu et à sang, va succomber à sa blessure par balle, une attente est crée. Mais là aussi cet élément reste assez secondaire et ne développe pas une tension suffisamment convaincante. Par conséquent, le récit n'a aucun relief et se révèle même prévisible (la jeune femme qui tombe amoureuse du bandit au grand cœur, c'est vu et revu). La musique est également inégale. Si au début ses ronflements joyeux sont plutôt sympathiques, son envolée épique (qui nous est resservie trois fois) ne trouve pas sa place dans l’œuvre et contraste fortement avec le manque d'action.
La Chevauchée des bannis est donc une déception. La réalisation exemplaire n'arrive pas à tirer vers le haut cette histoire planplan faisant intervenir des acteurs sans conviction. Néanmoins, le long-métrage n'est pas désagréable et ne laisse pas l'ennui s'installer.