Mine de rien, Ilan Duran Cohen s'est fait une place dans le « cinéma d'auteur décalé » français. Huit ans avant « Le Plaisir de chanter », « La Confusion des genres » montrait déjà les bonnes dispositions du monsieur qui, sans enthousiasmer non plus, sait apporter un minimum de charme et d'intelligence à chaque œuvre pour que cela fonctionne un minimum. Ainsi sa réflexion sur la définition de l'amour, du désir, qu'il soit homo ou hétérosexuel, a quelque chose de rafraîchissante, servie par des dialogues souvent étonnants. Les vrais efforts d'écriture ne sont plus si courants, on ne les apprécie que davantage lorsqu'ils sont présents.
De plus, sans être exceptionnel, le scénario tient la route, tout comme les personnages, joliment interprétés par le trio Pascal Greggory - Nathalie Richard - Julie Gayet, mais aussi par les seconds rôles, notamment un inattendu et vraiment excellent Alain Bashung. Après, vous dire que le film m'a marqué et que j'en garderais un souvenir ému : probablement pas. Mais j'ai apprécié, pendant 92 minutes, de voir quelque chose de différent, d'un minimum singulier et original dans notre cher cinéma hexagonal : rien que pour cela, « La Confusion des genres » vaut le coup d'œil.