Considéré comme le premier film en couleur d'Alfred Hitchcock, La Corde était réputé, avant l'ère numérique, pour être LE long-métrage composé d'un unique plan-séquence. Cependant, cette réputation, jamais contredite par Sir Alfred lui-même, est inexacte. En réalité, hormis le générique, le film est constitué de 10 plans-séquences (les magasins de caméras ne pouvant contenir des bobines de plus de dix minutes), dont les raccords sont parfois dissimulés (en filmant des dos ou en effectuant un mouvement continu) et parfois totalement visibles (au nombre de 5 ou 6 si l'on inclut le générique de début). L'objectif de ce défi technique était de traduire la perception du spectateur face à l'adaptation cinématographique de la pièce de théâtre de Patrick Hamilton. L'œuvre, un huis clos sans entracte se déroulant en temps réel, rendait la technique du plan-séquence particulièrement pertinente, tout en représentant un véritable défi pour le cinéaste. En effet, les caméras couleur de l'époque, de taille importante, exigeaient une logistique conséquente pour les déplacements à travers les décors. De plus, la temporalité du récit impliquait une gestion complexe des variations chromatiques du ciel reconstitué en studio. Hitchcock surmonte ces défis avec brio, contournant l'écueil du théâtre filmé grâce à une utilisation judicieuse des mouvements de caméra, substituant ainsi le découpage, élément fondamental de sa réalisation. Il Il s'amuse donc à manipuler l'image et le son. Soutenu par d'excellents acteurs (bien que l'interprétation de Farley Granger puisse parfois sembler légèrement excessive), Hitchcock s'amuse avec sa mise en scène et illustre parfaitement une intrigue habilement menée, qui pourrait être perçue comme un précurseur de la série Columbo (l'objectif n'étant pas d'identifier les assassins, révélés dès le début, mais de comprendre comment ils seront démasqués), tout en s'autorisant quelques clins d'œil au spectateur. Par conséquent, Alfred Hitchcock a brillamment relevé le défi technique et, avec La Corde, a réalisé une adaptation théâtrale de grande qualité, conservant l'essence de l'œuvre originale. Un succès notable.

Créée

le 25 août 2025

Critique lue 35 fois

La Corde

La Corde

8

Ugly

le 26 sept. 2019

Suivre

Défi en 8 plans-séquences

La Corde, c'est d'abord une prouesse technique ; il s'agit non seulement du premier film en couleurs d'Alfred Hitchcock, mais d'un film légendaire tourné en un seul plan, les raccords imposés par les...

La Corde

La Corde

8

SeigneurAo

le 11 mai 2012

Suivre

Le verbe, sa corde, avec le sujet

Tiré d'une pièce de théâtre, elle-même basée sur des faits réels, La corde frappe à plus d'un titre par ses thématiques. Le meurtre en tant que "sport", stimulation intellectuelle, la quintessence...

La Corde

La Corde

8

Vincent-Ruozzi

le 12 avr. 2016

Suivre

Le cluedo

Pour son premier film en couleur, Alfred Hitchcock s’était lancé un grand défi : réaliser un film qui semblerait n’être tourné qu’en un seul plan séquence. Ce projet ambitieux était irréalisable pour...

Stranger Things

Stranger Things

6

DirtyVal

le 1 janv. 2026

Suivre

De l'âge d'or au naufrage, la fin d'un mythe sans courage.

J'attribue finalement un 6/10. Cette note reflète l'excellence de ses débuts, que j'ai adorés, et la difficulté qu'elle a eue à maintenir cette qualité au fil des années. C'est une série culte, mais...

A House of Dynamite

A House of Dynamite

1

DirtyVal

le 26 oct. 2025

Suivre

Un Gâchis Dégoupillé : Le thriller sans fin qui tourne en rond et nous prend pour des idiots.

A House of Dynamite, malgré les attentes placées dans sa réalisatrice Kathryn Bigelow, est un échec retentissant. Sous l'emballage d'un thriller urgent sur la crise nucléaire, ce film est une œuvre...

Hurlevent

Hurlevent

3

DirtyVal

le 13 févr. 2026

Suivre

Une lande de papier glacé où la peur s'est éteinte !

​Il y a des œuvres dont la rugosité constitue l'ADN même. En s’attaquant au chef-d’œuvre d'Emily Brontë, Emerald Fennell promettait une relecture audacieuse. Pourtant, le constat est sans appel :...