Le mari, la femme, l'amant. Le film a au moins cette qualité -il en a peu- d'entrer immédiatement dans le vif du sujet. Cora (Annie Girrardot) a un amant et son mari Daniel (François Périer), suspicieux et brutal, l'a bien deviné.
Le drame conjugal et bourgeois a tout pour tourner au drame criminel. En quoi révèlera-t-il une quelconque originalité? En rien, il faut bien le dire. Seul le dénouement, éventuellement astucieux, pourrait nous sortir de la torpeur où le sujet et la mise en scène nous ont plongés. Il sera à la mesure de ce qu'est le film de Jean-Charles Dudrumet: terne. Terne comme le style et l'ambiance polar, terne comme les personnages.
Le réalisateur, dans un façon dépouillée, ne parvient pas instaurer le moindre suspense. Ses personnages sont faux, sa direction d'acteurs est médiocre et, par conséquent, les comédiens sont mauvais.
Cora est cette femme bourgeoise qui lit trop de romans policiers (une piste scénaristique?) et qui passe son temps dans les boutiques ou dans les bras de son amant (Gérard Buhr, incarnation involontaire, je pense, de l'amant viril et bourrin). La liaison de Cora avec Henri est complètement insipide. Daniel, le mari, est joué grossièrement par un François Périer grimaçant, surjouant la jalousie et le cynisme. Les personnages sont tellement univoques et étriqués qu'ils en deviennent caricaturaux dans l'expression de l'adulère bourgeois.