La Dame du lac par Alligator
Il m'est apparu encore plus clairement hier que le jeu video n'a rien à voir avec le cinéma. Autre procédé, autre moeurs. Autant je jubile devant mon ordi en FPS, autant je ne supporte pas la caméra subjective pendant tout un film. Ma dernière expérience avait été jusque là la première partie de Dark Passage, très dark en effet... quel pénible souvenir.
Mais je viens de découvrir plus pénible encore : Lady in the lake tente nous immerger totalement dans l'aventure de Marlowe en caméra subjective pendant TOUT le film. Pffff... Quelle horreur... Heureusement les pompiers sont arrivés à temps pour couper la corde.
Heureusement aussi que Montgomery s'est adjoint les services de la merveilleuse Audrey Totter. Je suis tombé sous le charme de ses multi-oeillades, en dessous, en dessus, sur le côté, hop gauche, hep droite, pour l'étonnement, la réprobation, l'amour, le désir et vas-y ma belle, je suis tout chose... Un festival ravissant et drôle à la fois. Beaucoup de rires. Coquine. Entre appas et raillerie, un parfait petit cocktail de je-me-fais-avoir-par-ses-beaux-yeux. Je comprendrais aisément qu'elle en irrite plus d'un tout de même.
Quand on voit dans les miroirs, pendant ces intermittences qui insistent lourdement sur le dispositif technique, la trogne gentille, quasi bc-bg de Montgomery, on comprend vite qu'on ait pratiqué la subjectivité tant le bonhomme a tout l'air de sortir d'une grande université anglaise plutôt que d'un bureau pouilleux d'un quelconque bas-fond de LA... Montgomery, Marlowe, voilà une juxtaposition peu évidente. Il a autant l'air d'être Detective privé que moi d'un marin-pécheur indonésien.
Ajoutez à cela une intrigue un brin compliquée... m'enfin, il s'agit d'une adaptation de Chandler alors forcément c'est le genre d'histoire qui demande une pincée de doigté dans la tenue du récit. Et vous vous retrouvez avec un film qui déraille quelque peu. Qui traîne en longueurs excessives pour des raisons qui m'échappent encore. A croire que l'on a eu peur de tout couper au montage.
Un film raté. Noir? Si peu. Noir édulcoré. Sauce hollywood chewing-gum, goût pas si frais.
Dispensable. Sauf pour le numéro de charme de la magicienne Totter, of course.