L’introduction du film est intéressante : la scène signature d’ Almodóvar (une scène de sexe assez explicite) est également une triple mise en abîme. Un mouvement masturbatoire dans le mouvement masturbatoire, dans le mouvement masturbatoire… Est-ce un aveu de la part Almodóvar ? comme pour nous dire qu’il souhaite faire un pas en arrière, concernant des thèmes déjà explorés… Ou nous avouer qu’il aime nous provoquer, dans notre bien-pensance, bousculer nos convictions en termes d’identité sexuelle… Qui sait. En tous cas, c’est une mise en bouche réussie.
Bref, passée cette scène plutôt génialement mindfuck (en plus d’être extrêmement sensuelle), commence le film. Par un arrêt sur image bien plus significatif qu’il n’en à l’air : LA LOI DU DÉSIR.
Donc, cette fameuse loi du désir promettait un film sulfureux ou les sentiments et la passion régissent les actes des personnages. C’est exactement le cas, et c’est également le défaut du film : pour une fois, l’histoire manque en partie, d’originalité. LA LOI DU DÉSIR n’est au final, qu’un vulgaire triangle amoureux, sans plus de surprises que celles qu’on imagine. Jalousie et tromperies, violences, sexe, abandon : cette partie de l’histoire est centrale… Mais heureusement, autour du trio, gravite une galerie de personnages passionnants, comme seul Almodóvar sait les écrire. Ce sont eux qui dynamisent l’histoire principale, en l’agrémentant de pensées et de réflexions, en aiguillant les personnages vers des pistes inconsidérées.
Ce qui passionne dans LA LOI DU DÉSIR c’est toujours et encore Pedro Almodóvar. Le réalisateur développe cette fois-ci les thèmes de la passion, ce qu’elle apporte à la créativité ; comment les émotions les plus fortes sont sources de chefs d’oeuvre.
Son amour pour les choses remarquablement écrites fait encore des merveilles. Aussi bien dans les dialogues, que dans l’écriture des personnages. Cette fois-ci, néanmoins, les personnages secondaires seront ceux qui retiendront votre attention.
Sa personnalité transforme progressivement cette histoire relativement banale en théâtre dramatique, où les aspects dérangeants voire glauques sont normalité, rendus magnifiques à qui connaît et accepte son univers.
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