La Malédiction d'Arkham est un film étrange. Pensé au départ comme une adaptation mixte des nouvelles de Lovecraft (L'Affaire Charles Dexter Ward et le Cauchemar d'Innsmouth), il fut finalement intégré, sur décision des producteurs, dans le cycle des films Poe, obligeant le réalisateur Roger Corman à ajouter dans son intrigue des éléments narratifs propres aux écrits de Edgar Allan Poe.
En découle un film au rythme en dents de scie, opérant des changements de tons pas toujours harmonieux. Les parties inspirées de Poe (personnages mélancoliques, croyance en une malédiction familiale, manoir inquiétant) sont un peu redondantes du fait qu'elles copient beaucoup de ce qui a déjà été fait dans les précédents films de la série, notamment les deux premiers volets : La Chute de la Maison Usher et La Chambre des Tortures.
Le gros point positif du film réside donc dans ses scènes s'inspirant de l'oeuvre de Lovecraft (et plus précisément Le Cauchemar d'Innsmouth). Elle sont plus viscérales, presque triviales, ce qui correspond à l'esprit « série B » des films de Corman. De plus, l'ambiance lovecraftienne est parfaitement retranscrite : on y retrouve ce petit village inquiétant de la Nouvelle-Angleterre peuplé d'habitants craignant de vieilles religions obscures. La fin du film fait même apparaître l'un des Grands Anciens. Que demander de plus ?