Il s'agit là pour moi d'une première "plongée" dans le cinéma africain et c'est probablement loin d'être la dernière.
Dans La noire de... Ousmane Sembène raconte à travers le personnage de Diouana, l'aliénation culturelle et sociale néocolonialiste. Il le fait par une répartition inégale de la parole, ce qui traduit les luttes et les rapports qu'entretiennent les personnages. Le film repose aussi sur des symbolismes forts comme celui du masque mais aussi sur une juxtaposition constante présente dans la narration, les plans et le montage mettant en scène par exemple le détachement de la patronne avec le sort de la protagoniste. La mise en scène est très riche, comme notamment avec ces plans en contre-plongée de "Madame", qui la placent dans une position physiquement agressive presque incontrolable, ou bien le jeu avec la profondeur, et la première personne. Il faut bien finalement souligner comment l'usage du noir et blanc illustre le contraste entre les personnages et environnements blancs et les noirs mettant ainsi en couleur le rapport de domination et en évidence le racisme de la situation.
<span>B</span>ref c'est un film fort, qui remplit intelligemment son rôle et qui me donne envie de découvrir encore plus le cinéma de Ousmane Sembène