Afin de remédier à l'anomalie Almodóvar de mes films vus, j'ai décidé de me lancer et de voir à quoi ça ressemblait. De ce que j'avais entendu et lu, c'est que ce réalisateur était un véritable auteur, avec une vision propre et qu'il a su ressusciter le cinéma espagnol après la mort de Buñuel.
Quelle fut ma déception en voyant ce film impersonnel et sans originalité. La mise en scène était banale et elle ne permit qu'une chose : rendre le film d'un ennui fou. Rien ne portait à croire que quelqu'un de réfléchi pouvait se terrer derrière la caméra, tant tout était commun.
L'un des éléments qui a participé à ruiner le film a été la musique, surabondante et sans réelle nécessité. Elle ne faisait qu'appuyer ce que l'image montrait déjà très explicitement. C'était donc juste lourd.
La piel que habito me rappela à deux reprises le cinéma hitchcockien, notamment à travers, comme énoncé précédemment, cette musique en surabondance (qui, dans un cas, est mieux exploitée que dans l'autre). Mais aussi Vertigo et sa thématique de l'obsession de faire ressembler une personne à une autre étant morte. Almodóvar lui-même déclare qu'Hitchcock est "sa plus grande source d'inspiration".
Ce qui sauve le film est sûrement l'histoire qui surprend tout de même et qui a un découpage assez haletant avec notamment une séquence de flashback plutôt efficace et des passages plaisants. Malheureusement, le montage n'aide pas non plus l'histoire à être passionnante. Ces coupes incessantes m'ont sorti du film, qui m'a ainsi paru avide d'émotions et a également suscité mon désintéressement total.
L'aspect général de ce dernier semble sans âme, tout droit sorti d'un gros studio, producteur d'images sans vies.
J'espère être mal tombé et que les autres films d'Almodóvar sont supérieurs. Mais pour ce qui est de lui, je ne le recommanderais pas, mis à part pour l'histoire qui vaut le détour tout de même.