Connu aussi sous le titre de "Revolver", ce film aux allures de poliziesco, s'apparente plus au polar noir qu'aux traditionnels policiers italiens de l'époque. Tourné en anglais et donc certainement destiné aux marchés étrangers, par un Sollima plus habitué aux westerns (excellents au passage), ce très bon thriller se situe loin des habituels affrontements entre la police et les malfrats de toute une ville (Rome Violente, Napoli Spara ou les films de Lenzi avec Tomas Milian) mais également de l'humour et du contexte typiquement transalpin.

Si dans les polizieschi, les "stars" étrangères (Henry Silva, John Saxon...) ne sont que des faire valoirs, c'est l'acteur britannique Oliver Reed qui est ici en tête d'affiche, dans le rôle d'un directeur de prison qui va devoir faire évader un prisonnier pour récupérer sa femme kidnappée.

Reed, au physique massif, tient ici un rôle d'un ex flic brutal, nerveux et ultra déterminé. Il devra faire équipe malgré lui avec Fabio Testi dans le rôle de la "monnaie d'échange", habitué au genre et qui ne démérite pas aux côtés de la star britannique.

On n'oubliera pas Agostina Belli, vue dans "Le Taxi Mauve" de Boisset, dans le rôle de la femme kidnappée de Reed.

L'acteur, disparu pendant le tournage de l'excellent "Gladiator" de Ridley Scott, impose une présence forte et un charisme tout au long de ce long métrage, qui, à défaut d'être très rythmé, est une véritable réussite.

Tout d'abord, grâce à un scénario co-écrit par Sollima lui-même, qui sort du cadre habituel du genre, ne se contentant pas d'une trame linéaire mais qui nous réserve de nombreux rebondissements haletants (introduisant des mafieux et une magouille à échelle internationale) entre Milan et Paris. Encore une fois, la relation entre les 2 personnages est efficacement exploitée passant de la méfiance absolue à une complicité obligée qui connaitra un dénouement inattendu, original et passionnant.

Autre qualité, la réalisation de Sollima, assez posée (pas de zoom excessifs habituels dans le cinéma italien) est parfaitement au service de son duo. Les "énervés" reprocheront le manque d'action, pas de poursuites, juste une simple fusillade à Paris et un passage de frontière musclé mais tout l'intérêt de ce film réside dans son fond et non pas dans sa forme.

Mis en musique par l'inévitable Ennio Morricone (la partition ayant de nombreuses similitudes avec celle qu'il a écrit pour "Peur sur la Ville" réalisé à la même époque), ce polar fait certainement partie des indispensable du genre.

Massimiliano_N
7
Écrit par

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