Pendant deux semaines, durant la guerre d'Algérie, on va suivre les pérégrinations d'un sous-lieutenant français qui essaie de maintenir le moral de ses troupes tout en menant une politique de répression auprès de la population locale. Il doit aussi surveiller un jeune soldat algérien, qu'on ne nomme pas encore Harki, qui est déchiré entre sa terre d'adoption et de naissance.
On peut déjà souligner le courage de Philippe Faucon, lui-même né en Algérie, de tourner sur les lieux mêmes de l'action, pour quelque chose qui marque encore les esprits dans la France d'aujourd'hui, à savoir les Harkis durant cette guerre. On voit aussi que c'est un film qui n'a pas beaucoup de moyens mais étonnamment, cela va lui servir pour développer davantage ses personnages, dont le sous-lieutenant joué par Vincent Martinez, et ils ne sont pas montrés comme des gens stupides. Mais comme des hommes sans nom, sans visage, qui ne semblent pas comprendre eux-mêmes ce qu'il font là.
C'est toute l'absurdité de cette guerre qui nous est montrée, avec parfois des scènes assez dures, mais qui montrent une certaine réalité qu'on a voulu occulter, à savoir la torture. Quant à la trahison du film, elle vient du personnage joué par l'excellent Ahmed Berrhama, qu'on sent tiraillé dans ses choix. Cela ne dure que 80 minutes, qui est la concision habituelle du réalisateur, mais on sent quand même à quel point le tournage a du être difficile, la chaleur se voit à l'image, et à travers ce petit (par rapport aux moyens) récit, Philippe Faucon fait un film vraiment intéressant.