1960 : 15 jours de la vie d'un bataillon en Algérie, parmi eux 4 appelés Algériens. La Trahison est un film sec, sans fioritures, qui ne pratique ni la caricature (tous les militaires français ne sont pas des salauds) ni le spectaculaire. Nous suivons ces militaires vivre au plus près des populations, dans des villages isolés et dans un climat de suspicion - et donc de tension - permanente. Le cas de ces appelés algériens (qui ne sont donc pas des harkis) - sujet très peu traité au cinéma - devient symptomatique d'une situation impossible. Rejetés par les arabes et pas vraiment acceptés par une grande partie de leurs camarades comme étant des leurs - et militaires et français, ils se retrouvent pris dans un étau et ne peuvent que finalement devoir faire un choix cruel et glisser inexorablement vers la trahison. Film sur l'identité (avec la langue comme barrière infranchissable) qui arrive à faire froid dans le dos (ils seraient prêts à égorger les soldats avec qui ils ont tissé des liens depuis 14 mois), La trahison reste d'une brulante actualité. Philippe Faucon a d'ailleurs exploré plus avant ces problématiques dans deux films qui se passent bel et bien dans la France hexagonale d'aujourd'hui : La désintégration (2010) et Fatima (2015)