Agréablement surpris par Rêves, je me suis dit qu'il fallait continuer dans cette Trilogie d'Oslo. Quelle erreur magistrale… J'évacue directement les deux points forts du film : la photographie (mais bon, un peu facile de faire de beaux plans en filmant une ville littorale de nuit), un des acteurs principaux (Tayo Cittadella Jacobsen et ses yeux bleus).
Outre le ferry qui va et qui vient (vous avez capté la métaphore subtile ?), le film n'a aucune ossature ni densité. On y suit des personnages totalement caricaturaux et paumés, alors qu'ils sont tous riches et beaux. De cette curieuse construction narrative, apparemment fluide et naturelle, on aurait pu penser à Ozu. Mais c'est sans compter les interrogations extrêmement puériles et naïves des personnages. Ils ont tous entre 30 et 40 ans, mais ils se posent les mêmes questions que n'importe quel ado de 15 ans : comment faire relation, le couple exclusif ou les aventures passagères, le sexe ou la tendresse, la raison ou la folie d'un soir, j'en passe et des meilleures. Alors on se rend compte que le film n'est ni fluide ni intelligent : il est juste plat, lisse et sans intérêt. Prenez cet infirmier homosexuel qui enchaîne les conquêtes d'un soir. Il finit par s'attacher à un homme qui lui résiste et découvre les attraits de l'attachement et de la tendresse. Incroyable ! Prenez encore cette urologue qui préfère les histoires passagères, qui baise un inconnu 10 minutes après un dîner romantique avec un autre, et qui finit par débuter une relation avec ce dernier (faut suivre, les ado ont des vies intenses comme vous le savez). Encore plus incroyable ! Les gens ont donc des désirs qui ne sont pas exactement ceux normés et induits par la société ? Et en plus ces désirs changent en fonction des interactions, de l'âge ou encore des rencontres ? Mais c'est fou ! Donnez un Prix Nobel au scénariste !
Bref, comme vous l'aurez compris, Amour est un film chiant sur des gens riches qui font du bateau et qui passent leur temps à réinventer l'eau chaude, dans un nombrilisme élevé ici au rang d'art.