Le film démarre de manière à faire peur, comme un succédané de Sergio Leone, alors que deux jeunes attendent un train rempli de soldats mexicains. Plus tard, des flashbacks confirmeront l'influence.
Malgré ce démarrage, La vengeance du shérif va vite s'avérer plus sympathique que prévu. Parce que le Billy Young du titre va vite rencontrer Robert Mitchum, qui est fatigué à cette époque, mais toujours grand. Les interactions entre Kane et Young sont d'emblée placées sous le signe de l'humour, et cela fonctionne très bien. Et puis suit une très longue scène de diligence, le découpage est un peu étrange, mais cela donne l'occasion d'apprécier une musique très inventive, à base de glissando de contrebasse sur des zooms rapides et de mélange improbable de percussions.
Malheureusement, le film ne parviendra pas à garder son ton léger en permanence. Allié à un scénario qui ressemble à un réchauffé du Dernier train pour Gun Hill, et à un manque de développement des personnages, le western sent alors le réchauffé, sans parler des flashbacks à la Leone. Pour le développement de personnage, il y a non seulement un manque, mais des ratés. Par exemple la fille du médecin, qui dit à Billy Young de se méfier de Kane, que malgré son indigne ce n'est qu'un gunslinger, qu'il aime tuer tout simplement. Elle lui dit ça alors que tout ce qu'elle sait de Billy Yong justement, c'est qu'elle l'a croisé dans la diligence, qu'il a dit devant elle que s'il y avait du grabuge il ne voulait pas manquer la fête, et qu'elle l'a vu se servir de son arme avec un plaisir évident. C'était vraiment à lui qu'il fallait dire ça?
La fin renoue avec le côté léger et humoristique. C'est trop tard, mais entre temps il y a eu de nouvelles interactions sypa entre Billy Young et Robert Mitchum, c'est déjà ça. Cela ne suffira pas à en faire un grand western, certes, mais au moins ça devrait suffire à le rendre sympathique. Avec un bon point pour la musique.