Pourquoi faut-il aller voir La Venue de l’avenir, le nouveau film de Cédric Klapisch ?
Parce que c’est un film lumineux, ample, habité. Parce que Klapisch signe ici l’un de ses films les plus maîtrisés, un récit à la fois généreux et précis, où chaque détail compte — des décors aux dialogues, du choix des couleurs à la manière dont un sourire traverse un plan. Il y a dans ce film un sens du cadre, une attention quasi maniaque à l’écriture et à la mise en scène.
Mais surtout, c’est un film jubilatoire. On en sort le cœur léger, l’âme un peu plus vaste. Le soleil traverse les images, même dans les ombres, et il y a quelque chose d’enivrant dans cette manière qu’a le film de faire vibrer les racines, les origines, le retour au lieu, au temps, à soi.
Alors oui, c’est parfois naïf. On pense à Spielberg dans ses élans les plus tendres, à une forme de cinéma qui ose encore croire à la transmission, à la famille, au passé qui sauve. Il y a des grosses ficelles, assumées, presque enfantines — mais tenues avec une telle rigueur, une telle précision dans le jeu, le rythme, le décor, que tout fonctionne. Le film frôle le conte sans jamais sombrer dans le kitsch.
On pourrait parler d’un blockbuster de l’intime. Chaque rôle sonne juste, même les figurants semblent portés par une intention, une direction. L’équipe de jeunes comédiens, Suzanne, Abraham, Rose, Vassili, est épatante, vivante, exacte.
C’est sans doute le film le plus inspiré de Klapisch depuis L’Auberge espagnole ou même Le Péril jeune. Un film qui donne envie d’aimer la vie, de marcher dans les rues au crépuscule, de retourner dans la maison d’enfance. D’ailleurs — coïncidence magique — j’ai appris aujourd’hui que la maison d’Adèle, dans le film, est celle de la grand-mère de ma collègue. C’est aussi ça, Klapisch : ce qui nous lie.