Bette Davis est magistrale. Elle a une présence indéniable dans pratiquement tous ses films.
Robe noire à sequins, roses noires ton sur ton, en organza et tulle, divinement "peste", guettant le moindre geste de travers de ses frères et/ou invités.
Et hop, un coup dans les jambes de celui qui touille sa petite cuillère dans le café, rompant le son du piano dont sa fille interprète un morceau en compagnie de sa professeure.
Elle fusille du regard l'un de ses invités lors d'une soirée parce qu'il tente d'attraper une mouche..
Toujours aussi garce lorsqu'elle rudoie son serviteur noir, lors du repas de midi, qu'elle partage seule sur la terrasse avec sa fille, prétextant que le plat est refroidi.
Allez oust, retour en cuisine!
Cela donne déjà un certain ton au film, et campe le personnage dès le début.
Ensuite, elle annonce sa décision de partir à Chicago, New York et Paris, seule avec sa fille, dans le but de lui trouver un bon "parti".
Elle n'hésite pas non plus à envoyer cette dernière, seule, à Baltimore, afin de faire revenir son père, en convalescence en clinique en raison de ses problèmes cardiaques.
Car la "peste" a son idée en tête, ayant un besoin accru d'argent.
Son époux, banquier, rentré, elle obtiendra à sa « guise » l'argent qu'il lui refuse.
Elle congédie les invités restant et monte se coucher, après avoir éteint quelques bougies, laissant le soin à ses employés esclaves d'éteindre le reste.
Sa fille lui résistera et partira avec son amoureux et non pas celui que sa "mère" lui destine.
Femme autoritaire, Regina (Bette) dirigeant à la baguette sa maison, est désireuse d'avoir le monopole sur l'argent, même au détriment de ses deux frères.
Une Bette Davis à son sommet!
Film (re)vu avec un certain plaisir pour la 2de fois en VO (DVD).
Le titre français "La Vipère" (axant tout sur la personnalité de Regina/Bette Davis), convient bien également, même s'il n'est pas la traduction littérale de "The little foxes"