Quand j'étais gosse dans les années 70, mon paternel nous faisait marrer, mon frère et moi, quand il entonnait dans la bagnole la chanson "c'est pour mon papa" qui doit dater des années 30.
Donc, il n'y a pas loin d'un siècle qu'on se paye la gueule de la masculinité toxique et ce film a autant d'années de retard.
J'avoue être figé d'admiration quand j'entends la plus grande intellectuelle de France, à savoir l'indispensable Sandrine Rousseau, parler d'homme déconstruit. Déjà, l'expression est limite incompréhensible, mais quand tu vois le nombre des féminicides en France, tu ne peux pas t'empêcher de penser que la daronne a carrément brûlé son reste de neurones.
Ben c'est un peu pareil avec ce truc démago au possible qui nous arrive de je ne sais où et surtout de je ne sais quand.
J'aime beaucoup Sacha Baron Cohen car il s'investit toujours dans des films où il est capable de montrer "l'immontrable" avec une mauvaise foi et un naturel qui frisent le génie en installant parfois une gêne certaine. Mais là pépère, tu t'es bien gaufré.
L'idée d'une dystopie où les femmes détiendraient le pouvoir n'est pas plux conne qu'une autre. Mais ici, tout est foiré à un point qui dépasse l'imaginable : de la directrice omnipotente, aux secrétaires masculins qui se font peloter par leurs supérieures en passant bien sûr par l'inévitable frotteuse du métro, tous les travers des "mâles dominants" sont inversés de manière tellement caricaturale qu'on se croirait dans un film de propagande du MLF hardcore des 70's.
Les gags sont tous tellement prévisibles, qu'ils tombent inévitablement à plat en créant cette fois une gêne sur l'opportunité d'un tel film. Clichés et stéréotypes bancals, rien ne nous est épargné au point que l'on finit par se demander si le film ne s'adresse pas à des néanderthaliens arriérés. Les améliorations de look, les régimes à la con, le harcèlement sexuel ou même le côté manipulateur/séducteur du mec à la place d'une femme ne font même pas sourire tant ils apparaissent comme des gags évidents et inévitables réservés aux hommes qui "savent".
L'espèce de tentative de morale, sous forme de leçon imposée et impossible à contredire, relève de la pure tradition Woke. Il ne manque que la musique pompière pour faire avaler le suppositoire. Pas la moindre méchanceté ni le moindre accroc à ce qui, à un moment, finit même par devenir une ROM-COM pourrie entre 2 prétendants à une haute fonction au sein de leur entreprise.
Au risque de me répéter, rien ne nous est épargné et là, ça devient affligeant de connerie car ça n'ose même pas se foutre de la gueule de la cible afin de ne pas trop secouer le chasseur bourré, la midinette ou la mémère affalés devant le bousin. Ben oui, on va reconditionner à l'envers 90 ans de dialogues et relations cinématographiques où le tripède est toujours le patron. La success story inversée réussit donc dans le monde alternatif, mais heureusement tout rentre dans l'ordre quand le DSK (ou le Bruel, ou le Berry ou plein d'autres) se réveille. Mais le gros porc a appris la leçon et changé, ce qui là encore est inadmissible. Comment croire qu'un tel connard puisse changer après avoir vécu 3 heures de ce que vivent les femmes depuis 30 millénaires ?????
Encore un produit bien formaté pour faire plaisir au plus grand nombre, mais qui se révèle tellement calibré et lèche-cul qu'il en devient plus que détestable. Heureusement, le meilleur de ce machin insipide, démago et putassier arrive avec le "move on up" de l'immense Curtis Mayfield en générique de fin.