Peu de temps après la sortie de "Série Noire", Alain Corneau veut enchainer avec un nouveau polar. Pas un polar à l'américaine qu'il admire pourtant et qui l'a longtemps inspiré. Non. Le cinéaste veut s'attaquer cette fois à un polar bien de chez nous, influencé par les plus grands classiques du genre.
Il se replonge alors dans "Touchez pas au Grisbi", "Razzia sur la Chnouf" ou "Le Deuxième Souffle"… Des films que Corneau considère comme de véritables chefs-d'oeuvre. Pour l'écriture du scénario, le réalisateur de "Police Python 357" fait alors appel à Michel Grisolia, un journaliste et romancier à qui l'on doit notamment "L'inspecteur de la Mer", adapté quelques années plus tôt par Georges Lautner sous le titre "Flic ou Voyou" avec Jean-Paul Belmondo.
Les deux hommes ont immédiatement l'idée d'intégrer les codes et les personnages des films de Melville, Becker et consort dans un univers "moderne". En clair, de confronter des figures traditionnelles du "milieu" avec une toute nouvelle race délinquants.
Ils mettront donc face à face un ancien truand, rangé qui n'aspire qu'à finir ses jours tranquille, à un jeune voyou hystérique et sans scrupules. Le premier sera alors forcé de sortir de sa "retraite" pour sauver sa peau.
Montand, Depardieu, Deneuve accepteront sans hésiter de tourner devant la caméra de Corneau, accompagnés par une belle brochette de second rôles (Galabru, Lanvin, Anconina…). Sorti en Aout 1981 le film connaitra un succès critique et public (près de 1,8 Millions d'entrées) totalement mérités.
"Le Choix des Armes" fait en effet, partie de ces films que l'on garde longtemps à l'esprit après l'avoir vu. Rythmé (la mise en scène est en tout point admirable), riche en émotions, porté par des acteurs formidables, le film interpelle, bouscule, ne ménage à aucun moment le spectateur.
Il reste aussi et malheureusement, plus que jamais d'actualité, tant Corneau a su anticiper et comprendre la mutation, la "violentisation" de notre société à travers le personnage de Depardieu. Bien avant les autres, Le cinéaste a su prévenir des conséquences de l'abandon social dont sont victimes certains quartiers. Un abandon qui nourrit une violence et un isolement et qui amène certains individus à commettre des actes d'une rare violence.
Près de 35 ans après sa sortie, "Le Choix des Armes" n'a rien perdu de sa force et reste encore à ce jour, l'un des meilleurs polars contemporains.