Le convoi, c'est un peu le mélange entre Point limite zéro et L'empereur du nord. On y suit les aventures d'une légende parmi les routiers, the duck (Kris Kristofferson) qui, à la tête d'un convoi de poids lourds, s'embarque dans une spirale sans fin afin de conserver sa liberté, face à un policier abusant de son pouvoir. Ce policier, c'est Ernest Borgnine, dans le rôle sur mesure de Dirty Lyle.
Si on n'est pas au même niveau que l'exceptionnel Point limite zéro, il faut bien avouer que Le Convoi est particulièrement réjouissant. Si Peckinpah n'oublie pas de livrer une satire de l'Amérique, faisant de ses routiers les avatars modernes des cow-boy allergiques aux barbelés, mettant la liberté au-dessus de toutes les valeurs, il livre surtout un film très divertissant.
Dont le plaisir tient surtout de voir ces superbes machines, se livrant parfois à un jeu de massacre tout à fait réjouissant. Même si on ne boudera pas notre plaisir non plus devant un aspirant gouverneur particulièrement inepte, qui n'aura de cesse de se ridiculiser de plus en plus, jusqu'à un final où le rire homérique d'Ernest Borgnine tient de la profession de foi envers une Amérique qui ne se laissera pas endoctriner.
Les événements actuels lui donnent bien tort.
Reste que ces routiers continuent à leur façon les personnages de La horde sauvage : ce sont des marginaux qui n'entendent pas renoncer à leur mode de vie, et sont prêts à tout pour ça.
Loin de moi l'idée de prétendre que ce Convoi soit au même niveau que La horde sauvage.
Mais enfin, si c'est diablement distrayant, ce n'est déjà pas si mal.
De toute façon, ça ne prétendait certainement pas être un grand film.
Une pochade, presque.
Anecdotique, dira-t-on.
Mais une belle anecdote, tout de même.