Un démarrage intrigant avec son focus sur une jeune femme atteinte de mutisme psychogène post-traumatique sidéromophobique (une synthèse diagnostique bien à rallonge) et sur qui les malheurs s'acharnent en la personne d'un tueur décimant son entourage. A l'ambiance vaporeuse de menace diffuse s'ajoute une teinte de culte satanique local qui donne envie d'en savoir plus. Caroll Baker incarne bien une forme de vulnérabilité douce, un peu infantilisée par ses proches, et dont l'incapacité à hurler son effroi participe d'un rendu cauchemardesque.
Mais Le Couteau de glace peine à tenir la distance alors qu'il insiste lourdement sur les différentes pistes masculines et qu'il s'égare dans son enquête de police. Les maladresses de la réalisation de Lenzi deviennent de plus en plus perceptibles, la sobriété visuelle des meurtres hors-champs ne procure pas grande stimulation et la révélation finale est plus intéressante sur le papier que dans sa mise en œuvre malhabile qui repose sur des incohérences formelles. A noter des séquences de corrida authentique en fil rouge symbolique (dont le sens m'a échappé) de la psyché de l'héroïne, à la teneur très snuff animalier (on s'interrogera également sur le caractère truqué ou non d'un chat égorgé, même si je pencherais plutôt pour un FX bien fait).
Le BR du Chat qui fume regorge de bonus consacré au film et à la carrière de Umberto Lenzi, avec longue interview du réalisateur.