Kenneth Branagh choisit de relancer une franchise Hercule Poirot, et commence par le méga classique "Murder on the Orient Express". Un récit déjà adapté au cinéma en 1974 par Sidney Lumet, et multi-rediffusé depuis. Sans compter les divers téléfilms, ou la pop culture qui a largement diffusé le pot aux roses de cette histoire, pratiquement devenue une expression.
Bref, l'immense majorité des spectateurs connaissaient le final avant de voir cette nouvelle adaptation. Dès lors, je demandais quelles étaient les intentions de Kenneth Branagh. Proposer une version avec de grosses modifications scénaristiques, pour surprendre le spectateur ? Aborder de nouvelles thématiques, voire jouer la carte méta pour renouveler le whodunit façon "Knives Out" ? Ou simplement livrer une nouvelle adaptation classique, avec un panel de têtes connues pour attirer le chaland ?
Malheureusement c'est la troisième option qui a été choisie, la moins intéressante. Et le problème c'est que le résultat n'est pas particulièrement maîtrisé.
Branagh tente de secouer un peu le récit avec des séquences en extérieur. Mais elles sont très criardes (le numérique est vraiment laid), et surtout elles cassent la dynamique de huis-clos. Quel intérêt de sortir du train quand justement c'est l'attrait de cette histoire ?
La construction est laborieuse, peu naturelle. Tant dans l'enchaînement des interrogatoires, dans l'élaboration du dernier acte, ou dans la découverte du corps (pourquoi ce plan en vue de dessus, sur les cheveux des acteurs ?).
Restent les interprètes. Bon, je n'ai pas du tout aimé la prestation de Kenneth Branagh en Hercule Poirot. A l'image de ses moustaches hénaurmes, l'acteur en fait des caisses, avec un accent francophone grossier, balançant çà et là des mots en français avec son accent anglais.
Pour les autres, heureusement c'est davantage relevé. Beaucoup de têtes connues qui font plaisir à (re)voir, même si elles n'ont chacune que quelques minutes à jouer. Ce gratin constitue à mon sens le seul argument pour voir le film.