Le Géant égoïste par Pom_Pom_Galli
Les paysages moches du nord de l’Angleterre, un ciel gris, un accent à couper au couteau (fôk ôff), une galerie de personnages composés de ferrailleurs, de chômeurs, de mères dépressives et de junkies, et pour couronner le tout, un gamin hyper-actif aux oreilles décollés fringués et coiffé comme dans les années 90 et qui résume à lui seul la misère de l’Angleterre profonde... Tous ça pour dire que l'on dirait du Ken Loach. Et pourtant, ce n'est pas du Ken Loach, mais du Clio Barnard (oui, ce nom est ridicule).
Clio Barnard (je ne m'y ferais jamais), marche donc dans les pas du cinéaste anglais en abordant les mêmes problématiques. Misère sociale, gamins livrés à eux-même, délinquance, etc... Ici, un petit teigneux renvoyés de son école, trouve une raison de vivre auprès d'un ferrailleur bourru, tandis que son copain grassouillet s'éprend d'un cheval (à défaut de tomber amoureux d'un faucon).
Il faut reconnaître que le film traite plutôt bien son sujet. Les personnages sont attachants, malgré leurs défauts et la rudesse de leur vie se fait bien ressentir... Mais il manque un petit "je ne sais quoi" pour nous intéresser réellement au destin de ses deux garçons. Jusqu'à cet Evénement assez dramatique à la fin du film, "le géant égoiste" a un peu tendance a faire du sur-place. Les scènes se suivent et se ressemblent. Ça manque de surprise dans la construction du récit.
"Le géant égoiste" n'arrive pas à la cheville des chef-d'oeuvre de Ken Loach. Mais il n'en n'est pas moins très plaisant à regarder.