Autel tout entier dédié à mettre en exergue le talent et la palette de Louis de Funès, Le Grand Restaurant reste pourtant plus en mémoire pour son succès populaire que pour ses qualités cinématographiques.
A l'échelle d'une comédie française, ce sont pourtant des moyens colossaux qui ont été déployés. Un casting pléthorique et de premier ordre (Blier, Préboist, Modo, Tornade, Roquevert, Risch, bref du caviar !), une course-poursuite de 20 minutes, des plans aériens filmés en hélico...
Mais la sauce ne prend que moyennement car le film souffre de schizophrénie aiguë. Entre la première partie, petite perle d'humour emmenée par une bande de personnages irrésistibles et quelques séquences tordantes voire complètement folles, et la seconde moitié de l'intrigue, orientée action/espionnage et lestée de gags poussifs, il y a le mur de Berlin, la muraille de Chine, bref c'est le jour et la nuit. Même de Funès semble prendre bien peu de plaisir à jouer ces scènes en voiture ou sur la neige, qui n'ont pour elles que le mérite de l'évasion.
Même si c'est bien beau de voyager, j'aurais nettement préféré que le film reste en huis-clos pour nous offrir encore plus de ces moments d'alchimie réjouissants entre les membres de l'équipe du restaurant, surtout qu'une telle réunion d'acteurs aussi attachants reste rarissime dans le cinéma français.