La superstar du cinéma bengali doit se rendre en train à New Delhi. Loué par les passagers du train, il va être bouleversé par un entretien accordé à une jeune femme, qui va remuer bien des souvenirs....
Tout comme 8 1/2, auquel Le héros fait penser, c'est une mise en abime du cinéma, avec un acteur très connu en Inde à ce moment-là, Uttam Kumar (qui a dans le film son vrai nom), et qui a une vague ressemblance avec Marcello Mastroianni. Face à lui se trouve l'excellente Sharmila Tagore, avec des grosses lunettes, qui n'est pas du genre à se laisser démonter par la réputation de la star, dont on voit qu'il en fait parfois des caisses, sans doute pour montrer la différence de classe qu'il y a entre les deux, jusqu'à ces moments où elle semble fendre la carapace, avec là aussi de très beaux flash-backs qui expliquent d'où est venu Uttam Kumar pour être la star du pays.
La métaphore du train, où se passe 99,99 % du film, est également celle de l'avancée d'un homme sur sa propre condition, qu'on voit changer peu à peu, jusqu'à finalement accepter d'être ce qu'il est ; un demi-dieu pour le commun des mortels (les spectateurs), et tout cela est raconté avec douceur avec Satyajit Ray, avec toujours ce mélange de language en bangali puis en anglais, signe du passé colonial britannique. Comme je le disais dans une des mes critiques, Le héros aurait pu être aussi un film japonais, avec Toshiro Mifune, pas étonnant que Akira Kurosawa admirait Ray. En tout cas, par le biais de son acteur principal, le résultat se met à nu dans son rapport au cinéma, et c'est très beau.