Le Héros comporte certains des échanges les moins naturels de l'œuvre de Ray et certaines des séquences les plus maladroitement insérées à une trame globale anormalement longue. Mais on y sent aussi un désir singulier d'épouser grâce à la figure d'un acteur quantité de sujets qui lui parlent très personnellement, et ainsi d'égrener autour du projet artificiel d'un voyage en train quantité de méditations inégales, mais parfois frappantes dans leur unité, et aboutissant tout de même à quelque chose de frappant dans leur ensemble - et quand on se rappelle que le film date de 1966, on ne peut que rester saisis devant la modernité avec laquelle il manifeste tant d'humanité.