Le film est une déambulation dans le briançonais et la Provence, avec de superbes images. Autant dire qu'esthétiquement, c'est une merveille. Et puis, ce qui ne gâche rien à l'affaire, c'est un film en costume se passant pendant les combats pour l'indépendance de l'Italie.
Même si le sujet n'est finalement pas au centre de l'intrigue. Peut-être est-ce plus creusé sur cet aspect dans le roman?
Le sujet, c'est la rencontre entre ce jeune hussard, qui est effectivement sur les toits à ce moment là, et Madame de Théus, une Juliette Binoche lumineuse.
Mais le sujet, c'est aussi le choléra. Plans saisissants dans les campagnes, avec corneilles ou chiens n'ayant plus peur de l'homme, à force de savourer des cadavres. L'horreur de la foule en panique, prête à tout pour trouver les coupables, tout plutôt que de laisser la peur gagner. Les quarantaines obligatoires, transformées en mouroir si on y trouve le moindre infecté. Les soldats, aussi paniqués que le reste de la population, tentant d'établir des barrages, pour limiter la contamination. Tout cela est saisissant.
Et l'occasion, une fois de plus, de dérouler toute l'horreur et le grotesque habituel à la comédie humaine.