"Le Meilleur" : Une beauté visuelle qui doit son cœur émotionnel à Glenn Close !

  • Revoir Le Meilleur (ou The Natural) est toujours une expérience qui me donne la chair de poule. Ce n'est pas juste un film sur le baseball ; c'est un mythe américain en technicolor, une fable sur la seconde chance, le destin et la pureté perdue. Et c'est justement parce que le film penche si fort vers le mélodrame mythique qu'il obtient mon 7/10 : c'est brillant par ses éclairs de génie, mais parfois trop propre pour être un chef-d'œuvre total.

​Ce que j'ai adoré (L'Éclat du Mythe et sa Dame en Blanc)

  • ​Le film est un festin visuel. Caleb Deschanel derrière la caméra a transformé le terrain de baseball en une arène presque sacrée. Les scènes crépusculaires, la lumière divine qui frappe Roy Hobbs (Robert Redford) au bon moment, tout cela est conçu pour nous faire croire à la magie. Et Redford ! Il est le héros archétypal parfait : charismatique, mystérieux, portant le poids d'une jeunesse gâchée. Sa performance porte le film à bout de bras.
  • ​Mais pour moi, la véritable ancre émotionnelle du film, celle qui élève le mythe, c'est Glenn Close dans le rôle d'Iris Gaines.
  • ​J'ai trouvé son personnage, la « Dame en Blanc », essentiel pour contrer la noirceur environnante. Elle représente la pureté des intentions que Roy a perdues en chemin. La scène où elle se lève dans les tribunes, baignée de lumière, alors que Roy est au creux de sa torpeur, est l'un des moments les plus poignants du cinéma sportif. Elle ne le juge pas, elle est juste là, symbole de l'innocence qu'il doit retrouver. Glenn Close joue cette simplicité et cette force intérieure avec une grâce sublime. Elle ancre le côté tragique et romantique de l'histoire, la transformant en une quête non pas seulement sportive, mais morale.

​Ce qui m'a retenu (L'Ombre au Tableau)

  • ​Là où le film perd des points, c'est dans son traitement des personnages secondaires. J'ai mentionné que Glenn Close est l'ancre émotionnelle, mais le scénario, en adaptant le roman plus sombre de Bernard Malamud, a trop simplifié le conflit autour d'elle. Iris Gaines et Memo Paris (Kim Basinger, la femme fatale) sont presque trop faciles à distinguer : l'ange contre le démon, la lumière contre l'ombre. J'aurais aimé un peu plus de complexité, plus de gris, pour les rendre moins des archétypes et plus des êtres humains.
  • ​De plus, l'histoire est très linéaire et, si la musique de Randy Newman est magistrale et contribue à l'épique, elle insiste parfois un peu trop sur le côté mélodramatique, rendant certains moments un peu tire-larmes et prévisibles. Le film aurait bénéficié d'être resserré, car il y a quelques longueurs qui cassent le rythme de cette épopée.

Conclusion

  • ​Le Meilleur est sans aucun doute un classique du genre. Il atteint des sommets d'émotion et de beauté cinématographique, notamment grâce à la présence lumineuse de Glenn Close et au charisme inaltérable de Robert Redford. C'est un hymne puissant à l'idée qu'il n'est jamais trop tard pour retrouver ses valeurs.
  • ​Cependant, en privilégiant l'éclat du mythe hollywoodien au détriment de l'ambiguïté humaine (particulièrement en simplifiant les rôles féminins en pôle moral), il lui manque cette profondeur narrative qui en ferait un chef-d'œuvre intemporel.
  • ​7/10 : C'est un classique du drame sportif, porté par un casting impeccable (notamment la lumineuse Glenn Close) et une mise en scène mythologique, mais dont la simplicité narrative le rend occasionnellement prévisible.
DirtyVal
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le 16 nov. 2025

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DirtyVal

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