🔴Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes : https://youtu.be/kwPR63x0Iaw
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Imaginez un dîner où Léa Drucker, Benjamin Lavernhe, Melha Bedia et Vincent Elbaz discuteraient de féminisme, d’identité sexuelle, et de vin nature. Et vous êtes là, assis au bout de la table, à vous demander si vous avez atterri dans une comédie ou une conférence TED mal déguisée.
Dans Le Mélange des genres, Michel Leclerc orchestre une comédie de mœurs qui veut tout dire, tout montrer, tout expliquer. Et parfois, ne dit plus grand-chose. L’histoire ? Simone (Drucker), flic souple comme une barre de tungstène, voit son monde bousculé par Paul (Lavernhe, si formidable dans En Fanfare), homme de théâtre un peu lunaire, tandis que Sofia (Bedia) et Jean-Jacques (Elbaz) gravitent autour comme des astres d’un système solaire bien trop bavard.
On sent que Leclerc veut jouer à l’équilibriste sur le fil des identités et des contradictions modernes. Par moments, ça marche : quelques dialogues fusent, les intentions sont sincères, et le propos a le mérite d'exister. Mais souvent, ça sonne comme un podcast transcrit au mot près. Le genre de film où chaque personnage a une tribune plutôt qu’un arc narratif.
Léa Drucker assure, comme toujours, avec cette justesse discrète qui sauve des scènes entières. Lavernhe, lui, semble ne jamais savoir s’il joue un idéaliste ou un mec largué – ce qui est peut-être justement le rôle. Bedia, en revanche, donne de l’énergie brute, et Elbaz... fait du Elbaz, charmeur à l'ancienne, un brin dépassé.
C'est sûr, les avis seront forcément partagés : certains crieront au film “nécessaire”, d'autres y verront un gloubi-boulga sociétal où “tout le monde a raison”. D'autres encore moins tendres diront “confus”, “verbeux”, “domestiqué par son propre politiquement correct”. Bref, on est loin d’un pamphlet ou d’une satire : ici, l’humour s’excuse, la subversion fait profil bas, un marqueur de notre époque, malheureusement.
Mais bon, peut-être qu’un film qui tente d’unir des contraires, c’est déjà pas mal. Ou peut-être qu’on se console comme on peut. Dans tous les cas, ce n’est pas un navet : c’est juste un cocktail où les ingrédients refusent de se mélanger.