« Le Mort-vivant » sort en 1974, peu après le retrait officiel des troupes américaines du Vietnam. Il est caractéristique du cinéma indépendant américain des années 1970 et compte parmi les premiers films à traiter, de manière allégorique, du retour des soldats dans leur famille, des traumatismes subis et de l’impossible réadaptation à une vie normale après l’enfer du Vietnam.
Mais c’est aussi un très bon film de genre qui montre, à la manière de George A. Romero, qu’il est possible de marier intelligemment le fantastique à une critique sociale et politique. Le mort-vivant n’est plus ici une simple figure horrifique, mais l’incarnation d’un malaise profond, d’un corps revenu de la guerre vidé de son humanité, étranger à lui-même comme à ceux qui l’entourent.
Parfois inégal, le film emporte néanmoins l’adhésion grâce à une scène finale absolument splendide, d’une grande force émotionnelle, qui donne tout son sens à cette métaphore tragique du vétéran sacrifié et oublié.