Unique collaboration entre Jean Gabin et Georges Lautner, ce "Pacha" était l'occasion de réconcilier le monstre Gabin avec Michel Audiard, complice de Lautner et fâché avec l'acteur depuis quelques années. N'ayant pas encore de scénario près d'un mois avant le début du tournage, les 3 compères décident de reprendre quelques idées du roman de la série noire "Pouce" de Jean Laborde et de les articuler autour d'un personnage de commissaire divisionnaire interprété par Jean Gabin, proposant à cette occasion, un véritable hommage à la connerie. Un pari payant puisque le film sera un nouveau succès public, confirmant la popularité de ce trio majeur du cinéma populaire français de l'époque.

Le film s'ouvre sur la cultissime chanson de Gainsbourg "Requiem pour un Con" qui hantera le film de tout son long. Gainsbourg, qui s'offre même une apparition furtive dans son propre rôle.

Un casse organisé par l'ordure Quinquin, incarné par le terrible André Pousse, parfait en ordure implacable. Long, silencieux, filmé de manière quasi chirurgicale, point de départ d'une chasse à l'homme entre Gabin et Pousse qui, suite au casse, a éliminé tous ses complices dont le meilleur ami et collègue de Gabin.

Dès lors, le commissaire divisionnaire Gabin avec ses idées radicales n'a qu'un seul objectif, venger son ami.

La trame est simple mais le film ne manque pas, ni de rythme ni de rebondissements, avec un parfum de "Tontons Flingueurs" pulvérisé grâce aux répliques toujours percutantes de Audiard. Notamment la fameuse : "Le jour où on mettra les cons sur orbite, t'as pas fini de tourner". Génial.

Pas grand chose à dire sur l'interprétation, toujours impeccable avec sa galerie de gueules, des habitués du polars "à la française", surtout ceux de la paire Audiard, Lautner.

A l'époque, le scénario a été jugé réac à cause du caractère du personnage de Gabin mais surtout du final où SPOILER : Gabin fait les sommations après avoir abattu Pousse. La censure de l'époque s'en était même mêlée, demandant à ce que Gabin fasse les sommations d'abord. Mais en plein contexte soixanhuitard, le censure fit marche arrière et Lautner pu garder la fin telle qu'il la voulait.

Un très bon polar (un poil trop court), un cinéma populaire et divertissant qui nous manque cruellement.

Massimiliano_N
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le 6 août 2026

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