J'avais vu Le Placard à sa sortie en 2000 ou 2001. C'était un peu après les fêtes. Et je n'avais pas beaucoup aimé. Quinze ans plus tard, c'est pareil. Quelque part, c'est rassurant qu'il y ait des choses qui ne changent pas.
C'est sûr que quand tu prends les plus grands succès, qui sont ses meilleurs films, de Francis Veber (au hasard La Chèvre, Le Dîner de Cons, Le Jaguar, non là je déconne), Le Placard et tous les films qui viendront après font bien pâle figure. Faut croire que son exil américain le déconnecte un peu de ce qui se passe en France.
Soulever le sujet de l'homosexualité impose de prendre des pincettes pour ne pas sombrer dans la caricature. Peu en sont capables et beaucoup s'y sont cassés les dents. Et malheureusement, Veber et ses acteurs ne l'évitent pas toujours la caricature surtout Depardieu. On ne nous épargnera pas les termes "fiotte", "pédé", "tante" (sérieux, est-ce que dans les entreprises on parlait comme ça à l'époque ???) les pulls rose et compagnie. Alors même qu'il y a une réflexion assez juste d'un des personnages au début qui dit qu'un acteur de cinéma jouant les homosexuels est toujours vulgaire. Serrault avait dû entendre ses oreilles siffler à ce moment-là.
Sans exception tous les personnages sont antipathiques sauf le voisin de palier incarné par Michel Aumont (le seul à jouer juste, pas étonnant de la part de ce grand acteur) et ce monsieur Pignon dont le personnage est assez proche de celui de Jacques Villeret dans Le Dîner de Cons à savoir que le con n'est pas celui qu'on croit.
Je ne crois pas du tout non plus à cette histoire de comptable engoncé dans son costard-cravate, comme s'il avait mangé un parapluie, faisant croire qu'il est homo pour sauver son job. Encore plus aujourd'hui, vous imaginez un comptable poursuivre son entreprise devant les prud'hommes pour discrimination fondée sur l'orientation sexuelle ? La parole d'un pauvre salarié contre celle d'une entreprise blindée d’avocats ? Et même si par miracle il gagnait le procès, réintégrer la société comme si de rien n'était ? Visiblement, avant d'écrire son script, Veber n'a pas dû mettre une seule fois les pieds dans une entreprise.
C'est navrant de voir parmi les meilleurs acteurs français (Daniel Auteuil, Gérard Depardieu, Thierry Lhermitte, Jean Rochefort, ça a de la gueule) aller s’abimer dans du Veber subissant un sacré coup de mou en ce début des années 2000.