Mon premier Ophüls et mon préféré.
Il s'agit d'un tryptique, adapté de trois nouvelles de Maupassant, Le Masque, La Maison Tellier - le panneau central - et le Modèle. Le tout est relié par Maupassant lui-même qui nous raconte ces histoires, et par le thèem du plaisir, confronté à l'Amour, à la Pureté, et à la Mort.

Il s'agit je pense du sommet du baroque ophülsien avec les scènes sous le chapiteau de Lola Montès, et à ce titre deux moments doivent absolument être cités, tant il sont merveilleux : le plan qui nous introduit la folie du bal dans le Masque, et le plan qui décrit la Maison Tellier et ses occupants de l'extérieur, fenêtre par fenêtre.
Une autre qualité ophülsienne qui saute aux yeux est la qualité des acteurs, dans tous les rôles. Voir cette scène où les bourgeois de la petite ville normande se désolent de la fermeture du bazar, ou cette apparition éclair de Pierre Brasseur, absolument jubilatoire.
Jean Gabin est merveilleux également, surtout dans cette scène d'amour pur et impossible, avec une prostituée, s'il-vous-plaît.

Il me semble également qu'Ophüls, s'éloigne de Maupassant, qu'il est moins cynique et moqueur et plus naïf et fantaisiste, ce qui n'est pas pour me déplaire. Cela sans ôter de force à cette scène où les dames de la ville sont en larmes à l'église, par exemple. Les trois nouvelles sont en tout cas très intéressantes, même si la meilleure est sans doute la centrale. Ceci dit, le Modèle possède un avantage, c'est de permettre au film cette superbe conclusion sur le bonheur, qui n'est pas gai.

Une petite merveille, à la hauteur de son titre prometteur.
corumjhaelen
10
Écrit par

Créée

le 3 avr. 2013

Critique lue 557 fois

corumjhaelen

Écrit par

Critique lue 557 fois

8

D'autres avis sur Le Plaisir

Le Plaisir

Le Plaisir

8

Docteur_Jivago

le 22 juin 2015

Suivre

Le plaisir résiste-t-il au temps ?

Suite à son retour réussi en France avec La Ronde en 1950, Max Ophüls se lance dans "Le plaisir" où il adapte trois nouvelles de Maupassant, Le Masque, La Maison Tellier et Le Modèle. Et quelle...

Le Plaisir

Le Plaisir

8

Electron

le 28 avr. 2013

Suivre

Le plaisir...et ses petits tracas

Max Ophuls adapte trois contes de Guy de Maupassant pour des histoires où le plaisir est confronté à la pureté, l’amour et la mort. Le film commence sur un écran noir, avec une voix, celle de...

Le Plaisir

Le Plaisir

8

guyness

le 10 nov. 2011

Suivre

Plaisir non coupable dans une maison à laquelle t'es lié

Nouveau film à sketch de l'ami Max, mais sans qu'il ne s'agisse là de moments disparates. Trois nouvelles de Maupassant sont donc illustrées avec toute la grâce et le talent dont est capable...

Du même critique

Du côté de chez Swann

Du côté de chez Swann

10

corumjhaelen

le 23 mars 2013

Suivre

Critique de Du côté de chez Swann par corumjhaelen

Ce qui frappe le plus à la relecture de Combray - et la seule chose utile qu'un lecteur aussi peu qualifié que je le suis puisse dire à quelqu'un qui est tenté d'aborder ce monument qu'est la...

La Source

La Source

10

corumjhaelen

le 24 mars 2013

Suivre

Critique de La Source par corumjhaelen

Bergmanien acharné, La Source fait partie de ses quelques films du Maître que je classe juste en dessous de ces deux chefs d'oeuvre que sont Cris et Chuchotements et Personna, et nettement au-dessus...

Amadeus

Amadeus

5

corumjhaelen

le 2 avr. 2013

Suivre

Critique de Amadeus par corumjhaelen

Il ne s'agit ni d'un film sur Mozart, ni d'un film sur sa musique, mais bien évidemment d'une réflexion sur le rapport au génie. Réflexion à mon sens absolument inintéressante, car elle veut...