Le scénario de ce film est basé sur l’expérience de deux ex-flics, Thomas Mulhearn et Pete Tessitore ayant officié dans l’un des quartiers les plus défavorisés de la ville de New-York. Quel est le profil de ces policiers exerçant dans un environnement particulièrement hostile ? A quoi ressemble leur quotidien ? Arrivent-ils à concilier travail et vie privée ? Comment rester motivé devant la constante dégradation de leurs conditions et de celle de ceux qu’ils ont pour mission de protéger ? Ce sont les quelques questions auxquelles ce film tente de répondre.
«Le Policeman» dresse donc le portrait d’un commissariat de quartier, dernier garant de l’ordre et du respect des lois (Le titre original -Fort Apache The Bronx- fait d’ailleurs référence au film de John Ford, «Le Massacre de Fort Apache»).
De ces femmes et de ces hommes toujours plus proches des limites et de la rupture. Le réalisateur Daniel Petrie pose également le débat, plus que jamais d’actualité, de l’efficacité de la répression coûte que coûte. Un débat appuyé à travers le personnage interprété par Paul Newman plutôt adepte lui, du dialogue et de la négociation, au contraire de certains de ces collègues qui dans un excès de zèle, iront jusqu’à commettre une bavure.
On pense bien sûr à «Serpico». Le ton ici est résolument aussi sombre et pessimiste, soutenu par ces décors crasseux de fin du monde ressemblant à un véritable champs de bataille (le Bronx est alors en pleine destruction) mais il manque à ce «Policeman», cette véritable force qui fait de «Serpico», une référence du genre. Daniel Petrie n’est pas Sidney Lumet et peine à donner de la vigueur à son propos.
Malgré cela, le film se laisse regarder avec beaucoup d'intérêt grâce notamment à l’interprétation toujours impeccable de Paul Newman et des nombreux et excellents seconds rôles (mention pour la belle Rachel Ticotin).
Véritable succès au box office, ce «Policeman» inspira la création de la série «Hill Street Blues» («Capitaine Furillo») produite par Steven Bochco, narrant elle aussi, le quotidien difficile d’un commissariat de quartier.