Un jeune homme est engagé à la suite d'un concours de circonstances en tant qu'adjoint d'une directrice de communication d'un candidat aux présidentielles. Il va apprendre les coups bas de ce milieu...
Mathieu Sapin est un auteur de bd qui avait sorti deux albums, l'un consacré à la campagne de François Hollande, puis sa seconde année en tant que président, très bons par ailleurs. Puis un magnifique bouquin sur Depardieu, mais ça n'est pas le sujet du Poulain, qui est un mélange entre une description du milieu politique et une comédie parfois grasse, mais je trouve que les deux genres ne s'additionnent pas. Pour un film sur la politique, on n'a quasiment aucune idée qui en ressort, de sorte qu'on dirait qu'ils brassent du vent, et sur l'humour, c'est quand même beaucoup porté en-dessous de la ceinture. D'un côté comme de l'autre, j'ai du mal à croire que la politique se résume à une absence d'idées, et que ça parle autant de cul. Si c'est ça....
Quant aux acteurs, si Finnegan Oldfield aurait bien besoin de dormir vu les cernes qu'il se traine à son âge, Alexandra Lamy est la véritable surprise du film ; à la fois charmeuse, dure, méchante, elle est surnommée le frigidaire, elle fait montre d'une palette de jeu que je ne lui connaissais guère. Quant à la présence de Philippe Katerine, on repassera...
On devine aussi que Le poulain est le premier (et dernier ?) film réalisé par Mathieu Sapin, car il n'y a vraiment aucune mise en scène. Ça rappelle les téléfilms de TF1 réalisés en 1986, on pose la caméra, et on fait champ/contre-champ, point barre. Quant on voit un film également politique, également comédie comme Quai d'Orsay, grade réussite, on voit la différence. Et qu'est-ce que c'est moche aussi : je ne suis pas directeur photo, mais des ampoules, ça ne coûte pas plus que de tout sous-exposer ; le film réussit l'exploit de rendre moche un endroit comme l’Élysée. S'il y a une chose amusante où on reconnait la patte du dessinateur Sapin, c'est dans la représentation des tweets, de la carte de la France ou des sms qui sont crayonnés.
Mais pour le reste, c'est sans doute une poursuite du réalisateur dans la découverte du monde politique, mais je pense qu'il n'est pas fait pour le cinéma.