En 2010, Patrick Bruel fait son grand retour sur les planches après sept longues années d’absence et sa remarquable interprétation de Milo Tindle dans « Le Limier» aux côtés de Jacques Weber.
Pour cette réapparition au théâtre, le célèbre acteur/chanteur choisit la première pièce du duo Alexandre de la Patellière / Matthieu Delaporte, une comédie basée sur un sujet que l’on peut aisément qualifié d’universel.
Quand Vincent annonce le prénom particulièrement original de son futur enfant, ses proches ne vont pas pouvoir s'empêcher de donner leur sentiment. Des avis particulièrement désapprobateurs qui auront pour conséquence de déclencher toute une série de règlements de comptes et de révélations.
Entouré de Valérie Benguigui, Guillaume de Tonquénec, Judith El Zein et Jean-Michel Dupuis, Bruel fera le plein jusqu’en mars 2011, «Le Prénom» sera LE succès de l’année.
L’idée d’une adaptation cinématographique ne met longtemps à émerger et toute la bande (à l’exception de Jean-Michel Dupuis remplacé ici par Charles Berling) se retrouve naturellement quelques mois plus tard devant la caméra d’Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte, les auteurs ayant décidé de porter eux même leur pièce sur grand écran.
Le piège classique d’un tel exercice, on le connait. Celui du théâtre filmé, du huis-clos statique, plombé par une mauvaise gestion d’espaces forcément étriqués. Pour leur premier film, les neo-cinéastes parviennent pourtant à éviter ce piège et nous livrent un film paradoxalement parfaitement aéré, frais et surtout très drôle, porté par un formidable casting.
Un festival quasi ininterrompu de joutes verbales à la fois hilarant et émouvant, exorcisant de vieilles rancoeurs, révélant des secrets surprenants.... Pendant près de 2 heures, on ne s’ennuie pas une seconde. Mieux, on en redemanderai presque tant on s’attache à ces personnages pourtant loin d’être chacun, parfaits et irréprochables.
Patrick Bruel est impeccable dans la peau de cet homme arrogant et sûr de lui, bousculé dans ses certitudes. La regrettée Valérie Benguigui joue elle admirablement cette femme et soeur trop longtemps déconsidérée, reléguée en arrière plan qui va enfin avoir l’occasion de révéler à tous, ses frustrations et son amertume.
Guillaume de Tonquénec, Charles Berling et Judith El Zein sont eux, tout aussi épatants.
Passez outre les quelques clichés et une ambiance malgré tout, très bobo qui pourra en rebuter quelques uns et vous passerez assurément un excellent moment.