Quoique rare, le film de Maurice Gleize participe du mythe du Gabin d'avant-guerre et de son personnage populaire en rupture de ban,
criminel malgré lui.
Le sujet et la nature des personnages, le style du film le rapprochent de ce réalisme poétique imposé par Carné et Prévert et dont le réalisateur Maurice Gleize parait s'inspirer. L'apparition à mi-film de Michèle Morgan, reformant le couple du "Quai des brumes", renforce la familiarité.
L'action se situe en Australie, bout du monde complètement francisé. Ted, dont on ne connait pas l'histoire, fuit la police de Brisbane. Mais son aventure le ramène à son point de départ et c'est une errance qui commence et se poursuit avec Liliane, une jeune fille égarée et esseulée. Ca ressemble vraiment à du déjà vu...
On ne peut pas dire qu'on se passionne pour l'intrigue, pas seulement banale dans le contexte du cinéma de l'époque mais également artificielle et compassée parfois. Les dialogues sont plutôt habiles et sensibles, qui traduisent la morosité, le désenchantement que revêt le sujet. Dans leur ensemble, les personnages reflètent une certaine inspiration et parviennent à échapper tout de même aux archétypes.