Douglas Sirk partage,avec par exemple Capra et Borzage, une croyance dans le cinéma qui l'amène à transcender des sujets qu'on jugerait ailleurs trop sentimentalistes.
Mais trop, c'est trop.
Passe encore, à la rigueur, la quête de rédemption de Rock Hudson, ramené dans le droit chemin par l'amour. Passe, à la rigueur, l'excès de malheurs qui ne ternissent pas le moins du monde l'angélisme des deux femmes.
Mais ne passe plus tellement la métaphore christique, appuyée par des plans façon ange gardien et une musique "choeur d'ange". Otto Krüger est beaucoup trop le vieux sage qui est "passé par là" et revenu de tout, serein et magnanime, prêt à guider Rock Hudson, qui justement a un accident devant chez lui.
Les voies de Dieu sont impénétrables ; normal, il avait mis des barrières sur la route, le petit malin.
Heureusement, il y a l'élégance de la mise en scène. Elle est indéniable. Qu'importe l'ivresse, pourvu qu'on ait le flacon? Le secret magnifique, c'est une guimauve enrobée dans un beau ruban.